La nouvelle génération de cartoons 3/3

otgw

Nous en parlions déjà dans deux précédents articles, ici et , mais cette nouvelle ère du dessin animé nous réserve encore quelques surprises délicieuses. Entre Clarence, au monde agité et un peu dingue mais tout doux, les Bravest Warriors et autres Bee and Puppycat à la diffusion un peu particulière et à l’univers futuriste et déjanté, en passant par le magnifique Over the garden wall qui nous plonge dans les contes et le fantastique… Nous en avons pour nos mirettes, et j’ai moi-même un faible particulier pour le dernier d’entre eux. Et puis, pour terminer cette présentation colorée qui s’est voulue enthousiaste et doucement émue, je vous propose de secouer un peu les choses et de faire un petit tour d’horizon du côté, entre autres, de Netflix, et de ces cartoons « pour adultes » qui n’ont pas peur du franc parler.

 

Clarence a un goût de bêtises et de modernité. Ce dessin animé, qui se concentre sur les situations de tous les jours des enfants et leurs expériences de la vie, est l’oeuvre de Skyler Page qui a lui-même travaillé sur Adventure time. Un gamin de 8 ou 10 ans, appelé Clarence Wendle, qui n’est pas sans rappeler notre adorable Steven (le poids de devoir sauver le monde en moins), voit le bon qui réside en chacun et en chaque chose et veut tout essayer, tout goûter, tout faire. Jeff et Sumo, ses deux copains, l’accompagnent dans toutes ses péripéties. En plus d’un style graphique simple, qui évoque immédiatement l’univers de l’enfance, ce show diffusé par Cartoon Network veut présenter des enfants aux situations modernes et non-classiques, qui remettent sans arrêt en cause les genres et surtout le modèle de la « famille type ». Avec une ambiance plutôt douce-amère, saupoudrée d’un peu de fantastique de-ci de-là, nous avons au final un cartoon assez progressiste qui mériterait un peu plus d’attention et de lumière. En tout cas, j’ai passé un bon moment en le regardant.

 

Ah ! Nous voici enfin arrivés à l’une de mes références en matière de dessins animés indépendants. Bravest Warriors et Bee and Puppycat sont deux cartoons destinés exclusivement à la diffusion sur internet, accessibles gratuitement sur la chaîne youtube Cartoon Hangover du studio Frederator. Non seulement les créateurs n’ont pas peur de montrer ce qui ne passerait pas à la télévision, mais en plus, ces deux séries visent un nouveau public d’adolescents et jeunes adultes, en traitant des difficultés de relations à cet âge, du deuil, du devoir grandir, se débrouiller seul et s’assumer entièrement. L’excellent Pendleton Ward, responsable de la série Adventure time dont je vous parlais plus tôt, a travaillé sur Bravest Warriors également, ainsi que Natasha Allegri sur Bee and Puppycat. De manière générale, l’univers visuel est adorable, l’histoire se passe majoritairement dans l’espace, et l’enthousiasme des personnages provoque souvent des situations hilarantes.

Plus précisément, Bee and Puppycat, c’est l’histoire d’une jeune femme de 20 ans, au chômage, qui rencontre une créature mystérieuse, un espèce de drôle d’hybride chien-chat qu’elle décide d’adopter. Ensemble, ils postulent à de nombreux petits boulots spatiaux temporaires afin qu’elle parvienne à… payer son loyer à la fin du mois. Bravest Warriors, quant à elle, est située en l’an 3085, et suit quatre jeunes héros-à-louer adolescents tandis qu’ils se téléportent de galaxies en galaxies pour sauver d’adorables aliens et leurs mondes en utilisant le pouvoir de leurs émotions.

over-the-garden-wall

De l’autre côté de la barrière, un peu en décalé avec le reste des cartoons que nous avons présentés jusqu’à présent, se trouve Over the Garden Wall. Beau, glauque et dérangé, mais très touchant, ce dessin animé extrêmement bien travaillé, autant dans le scénario que dans l’aspect visuel, nous présente deux frères, Wirt et Greg, qui se sont perdus dans une forêt nommée The Unknown (l’inconnue), entre rêves et cauchemars. La littérature romantique et l’imaginaire mélancolique se côtoient ici comme deux amants de longue date, et le show présente les contes revisités à la manière des originaux de papiers, où merveilleux et angoisse s’entremêlent. Patrick McHale (qui a aussi travaillé sur Adventure Time) s’y est penché et la série est diffusée sur Cartoon Network.

Chaque épisode est parsemé de paysages embrumés, de marais ou de forêts noires, de chaumière ou de château abandonné… Nous obtenons ainsi une ambiance très particulière, sombre et envoûtante. J’ai eu pour ma part un coup de cœur instantané pour cet univers graphique unique, dont les dessins ramènent à la vie les figures de nos veillées : bûcherons, sorcières, chaperons et chasseurs… Tout est distillé à petites doses pour nous faire apprécier le côté tragique des contes autant que l’absurde et la comédie. Un véritable bijou d’animation.

over the garden wall 5

On l’a bien compris, la nouvelle génération de cartoons est tournée autant vers le rire que vers les sujets sociaux et les émotions. Chacun possède plusieurs niveaux de lecture, et les adultes autant que les enfants peuvent les apprécier devant un bon thé / chocolat chaud / café (rayez la mention inutile), le matin avant de partir, au goûter, ou le soir avant de se coucher. J’en suis particulièrement fan, et Greg & Rose est le site qui a découlé de cette passion peu ordinaire et de notre goût pour ces dessins animés modernes et progressistes. Nous n’en avons d’ailleurs pas terminé avec ces shows colorés (Greg y reviendra sans doute et il ne sera pas le seul), mais en attendant, terminons ce tour d’horizon par un petit coup d’œil du côté des fous et de l’asile… On ne pourra pas dire qu’on ne vous aura pas prévenus !

Bienvenue sur les terres des cartoons « pour adultes ». On ne vous offre pas les médicaments et la maison ne couvre pas les incidents mentaux…

rick & morty.gif

Les cartoons « pour adultes » :

« Ne rentrent pas vraiment dans la liste plus haut, parce que destinés aux adultes, mais marquent tout de même les spectateurs des cartoons. Vraiment pas tout public, thèmes sans aucune limites. Désinhibés, déjantés, décalés, dérangeants. »

Et je pense que c’est une entrée en matière parfaite ! Salut c’est Greg, et je viens mettre mon petit grain de sel. Le côté « des fous et de l’asile » c’est moi qui m’en charge…

Ici on ne parlera pas juste de plusieurs niveaux de lecture, mais de séries clairement prohibées pour les enfants. Rien à chercher sur des sites avec beaucoup trop de fois la lettre « x » dans leur nom, elles sont juste disponible sur Netflix ou parfois à la télé. On fera toutefois l’impasse pour cette fois sur les formidables Simpsons, Futurama ou Happy Tree Friends qui sont un peu trop « anciennes » pour la génération de séries dont on parle aujourd’hui.

Celui qui a permis le déclic que l’on peut faire des séries modernes et pour les grands c’est Archer. L’histoire de Sterling Archer, espion d’élite, connard, alcoolo, dragueur et menteur invétéré. Un concentré de parodie, d’humour très limité et de critique de la société.

C’est souvent graveleux, ça joue avec tous les codes des films et séries d’espionnage pour les en détourner le plus loin possible, et le design, purement dans le style des strips pulp américains est travaillé pour servir l’histoire, pas plus. Alors non c’est sûr que ça n’est pas la plus belle série qu’on vous aura présenté ici, mais au moins elle aura eu le cran de tenter quelque chose de nouveau, qui ne se faisait pas en 2009 et qui a posé les bases d’un genre jusque-là très éparpillé.

Un peu dans le même style mais avec une autre ambiance passons à BoJack Horseman. Déjà, imaginez un monde où animaux et humains se ressemblent, de caractère, de physique, seule la tête change en fait… On suit le personnage de BoJack, ancienne star de la télé qui n’arrive pas à revenir sur le devant de la scène. Entre soirées de beuveries, moments de loose totale et blagues que même moi je n’oserai pas faire. Encore une fois, ça parle beaucoup de notre société, les dérives de la gloire et la chute après ça…

BoJack Horseman est plus nuancé que Archer, moins dans la pure rigolade et plus dans la réflexion, parfois même dans la contemplation. Cette ambiance Hollywood des bas-fonds colle parfaitement à la série et les blagues sont peut-être moins poussées à la limite de la morale que Archer mais plus dans l’autocritique.

On terminera avec la série qui a fait le plus parler ces dernières années, peut-être la plus dérangée, ou malaisante, ou les deux : Rick et Morty. Même si Emmett Brown de Retour vers le futur avait mal tourné il n’aurait pas pu finir aussi crade et imbuvable. Rick c’est donc le scientifique, inventeur fou, alcoolo (again), addict a un nombre incalculable de substances et qui fait « l’éducation » de Morty, son petit-fils. Si le début de la série se concentre surtout sur le duo grand-père/petit-fils, les épisodes incorporent de plus en plus le reste de la famille, entre le père looser au grand cœur, la mère chirurgienne pour chevaux et la sœur légèrement psychotique sur les bords. C’est aussi clairement la plus trash avec du vomi, des mutants, des extraterrestres et beaucoup, beaucoup de choses qui ne sont clairement pas explicables ici.

Et pourtant c’est peut-être la série la plus adaptée si vous n’êtes pas habitués au genre. Le jeune Morty semble tout aussi perdu que nous dans ces aventures inter-dimensionnelles totalement barges. Il se retrouve le plus souvent embarqué sans trop le vouloir et ses brefs moments de lucidité nous aident à nous identifier à lui et à apprécier toute l’absurdité du moment. Mais il est tout aussi désorienté dans les situations les plus banales comme la vie en famille, au collège ou face à son crush… Un peu comme nous en fait. Et pour finir de nous acclimater en douceur à ce monde de brute, Rick et Morty est blindé de références de pop culture. Michael Jackson, Breaking Bad ou la moitié des films de SF de ces trente dernières années, tout y passe pour être parodié, utilisé ou raillé.

Allez, cet article est déjà beaucoup trop long, on poursuivra une autre fois pour parler des autres séries, celles plus anciennes mais qui avaient déjà plusieurs niveaux de lecture. Greg out, à toi Rick :

rick & morty 2.gif

<– Article précédent |

Publicités

Envie d'en parler ? C'est par ici les enfants !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s