Des lions et des hommes : Les seigneurs de Bagdad

J’aime beaucoup Brian K.Vaughan. L’auteur qui m’a fait aimer le comics indépendant avec Saga avait bien sûr eu une carrière avant sa grande réussite de space opéra. En 2006, l’américain avait sorti une autre pépite indé : les Seigneurs de Bagdad.

Ce one-shot raconte une historie vraie, ou du moins part d’une histoire vraie. En 2003, L’Iraq fut envahie par les Etats-Unis. Lors des bombardements, le zoo fut gravement touché et beaucoup d’enclos furent ouverts, ou troués, permettant aux animaux de s’échapper. Parmi eux, deux lionnes, un lion et un lionceau. Dans Bagdad dévasté, évacué, les animaux ont erré dans la ville.

chevauxVaughan part de ce postulat pour raconter le périple des prédateurs. Relâchés après des années d’enfermement entre liberté, découvertes, et peur. Mais au-delà de la simple histoire, le scénariste a rajouté de vrai caractères aux animaux. Avec des complots, des intrigues et des tensions qui sont purement humains. Alors forcément ça accentue le côté anthropomorphisme, on se retrouve vite dans ces animaux qui nous ressemblent tellement. Les discussions entre gazelles et lions sont inattendues et peuvent parfois sortir du récit.  Malgré tout ça les personnages sont intéressants ! Attachants.

Ces animaux ne connaissent rien des humains, les appelant « gardiens » car ils furent pour eux leur seule interaction avec notre société pendant leurs années de captivité. La guerre leur montre notre monde sous un nouveau jour. Les machines, les villes, l’art… folie

Le comics retrace les événements tragiques au Moyen-Orient en 2003 du point de vue des lions. L’humanité, ils la découvrent. Soit au cours de leur voyage, soit en discutant avec d’autres animaux, ayant souffert ou survécu grâce à « nous ».  Parler de tous ces animaux morts à cause des humains, n’est qu’un prétexte, une raison de parler des humains, leur folie et leurs massacres.

L’histoire est parfaitement adaptée au format de roman graphique, et bien que court, on en ressort secoué, mécontent mais enrichi d’avoir vécu cette histoire. Le dessin de Niko Henrichon met bien en valeur l’histoire. Très classique pour du comics, il décrit pourtant très bien la ville en ruine, les tragédies, comme un lever de soleil…

Les seigneur de Bagdad est une belle histoire, une très belle histoire, et bien racontée avec ça. Ce n’est clairement pas le comics de la décennie, mais plutôt un passage, un épisode marquant que l’on a plaisir à relire de temps à autre.  Ne vous attendez pas à une happy end… on nous narre ici la vie réelle, et les désastres qui vont avec. Mais c’est peut-être ça la force de ce comics. Raconter la dureté de la vie, et la faire accepter, en seulement 136 pages.

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