Combattre des dragons ET se protéger des coups de soleil.

Aujourd’hui tout le monde connaît les RPG, jeux de rôles sur ordinateurs ou consoles. Mais pourtant ce n’est que le bout d’une branche, pas l’arbre tout entier ! Derrière les RPG se trouve le jeu de rôle papier, celui qu’on pratique autour d’une table avec des potes et de la pizza. Et si le papier est l’ancêtre du virtuel, il a aussi donné un autre enfant beaucoup plus… physique. C’est ainsi qu’est né le GN, c’est-à-dire le jeu de rôle Grandeur Nature, et sa version XL, le GN de masse.

Comme chaque mois de juillet depuis maintenant cinq ans, le château de Serrant à l’ouest d’Angers accueille sur son terrain des elfes, des pirates, des orcs, des archers et des magiciens. La plaine face au château est alors transformée. De la simple friche s’élève une ville et plusieurs campements : Kandorya renaît.

Kandorya, c’est quoi exactement ? Et bien c’est la réunion d’amoureux de l’heroïc-fantasy, de fans d’événements en costume, de bagarreurs aux armes en mousse ou simplement de fanas d’événements extravagants. Avec plus de 1500 participants, c’est aussi l’un, si ce n’est le plus grand jeu de rôle grandeur nature de France. Et oui, voilà l’intérêt de Kandorya : 1500 personnes, joueurs, organisateurs, bénévoles jouant des rôles ou maintenant simplement la sécurité et le bon vivre durant le jeu. Si je suis habitué aux jeux de rôle papier, ce n’était en revanche que mon second GN ; le premier, dont nous aurons l’occasion de reparler, était beaucoup plus petit, et scénarisé. Ici, s’il y a une histoire, elle était surtout générale, car les joueurs sont presque totalement libres de leurs mouvements ! Durant les trois jours de jeu, à vous de choisir ce que vous voulez faire ! D’ailleurs, c’est à vous de chercher des choses à faire car vous n’êtes obligés de rien. C’est là tout l’intérêt de Kandorya, et c’est là que début notre histoire.

bataille rangée.jpg

Le continent d’Orya se meurt… Catastrophes après catastrophes, conquêtes après batailles, maladies après sortilèges, le monde déjà divisé n’est aujourd’hui plus habitable. Un refuge est apparu il y a quelques années, l’île de Kandorya. Devenue le cœur de toutes les batailles, tous cherchent surtout à survivre. Et c’est là que nous arrivons. Au milieu de cette immense plaine. Une ville à chacune des extrémités, différents camps disséminés, et pleins, vraiment pleins d’intrigues.

Pour un premier GN de masse, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. Je venais m’amuser, découvrir et être juste présent avec Pamiel et quelques amis. Selon ce que vous aimez, vos affinités et envies, c’est à vous de choisir où se déroulera principalement votre jeu. Pirates, elfes, soldats, les choix sont variés et vous laissent au final une liberté totale dans votre manière de jouer ! Personnellement, j’ai rejoins le Guet de Vendavel. Enquêteurs, gardes de la ville des hommes libres, je n’ai en fait pas vraiment choisi. J’y suis allé car deux de mes amis y étaient déjà, et je n’ai pas été déçu ! Si vous faites ce que vous souhaitez, en partie, les autres pourront tout de même attendre certaines choses de vous… Eh oui, si vous appartenez à un groupe, il essayera de fonctionner comme dans la vraie vie du monde ! Par exemple l’archiviste du guet attendait un rapport journalier (écrit ou oral comme on le voulait) sur nos activités, principalement enquêtes, découvertes ou événements rencontrés. Histoire de tout consigner dans des piti carnets qui pourront servir plus tard et participeront aux histoires du camp, et pourquoi pas de la ville. Il m’est arrivé d’enquêter sur un meurtre, des vols, mais aussi d’aider à chercher comment enrayer la fin du monde. oklm. Eh oui, n’oublions pas que c’est un univers de fiction ! Les organisateurs peuvent écrire des histoires complètement folles ! épiques ou improbables tant qu’elles trouvent un sens une fois posées sur Kandorya.

Mais si cette trame principale est l’infiniment grand, il y a aussi l’infiniment petit ! Le fonctionnement du Guet, les contrats pour des enquêtes et les missions vous attendent. Participez à la vie de votre groupe ! Vous pouvez aussi vous balader, découvrir les lieux et vous promener dans le port, à vos risques et périls. Si ça vous chante la garde de la ville s’offre aussi à vous (à Vendavel au moins), quelques pièces de cuivre pour une heure, c’est déjà ça. Ah oui car justement, en jeu vous aurez beau sortir votre carte visa mastercardgoldplusofdoom, vous ne pourrez pas tout acheter. Les magasins d’Edenorya continuerons de vous accueillir en euros, mais certaines tavernes, certains lieux particuliers n’accepteront que vos pièces d’or, d’argent ou de cuivre, rajoutant à l’immersion avec cette monnaie qu’il faudra gagner, d’une manière… ou d’une autre. Les différentes factions possèdent même des coffres à la banque de Kandorya (banque qui a même été volée pendant l’une des nuits…), permettant des jeux politiques et sociétaux à plus grande échelle.a vendre, plein de fautes.jpg

Le soir, posez-vous en taverne, allez manger un bout en ville, à la lumière des lanternes, dans le bruit et la musique, autour d’une bonne bière et d’un tajine au poulet. Autre alternative, rejoignez votre groupe, clan ou faction, vous y trouverez forcément  une table, un feu pour vous accueillir (que vous ameniez votre propre nourriture ou participiez à un pot commun). Les discussions tourneront autour de la journée, des événements que vous avez pu manquer ou bien ceux auxquels vous avez pu participer. Parfois, vous pourrez aussi sortir un temps du jeu pour en apprendre un peu plus sur vos coéquipiers d’aventure.

Cette année, la menace principale venait des Mulkesh, des méchants récurrents, qui transformaient certains habitants de l’île en zombies, avec une peste magique ou alchimique, et menaçant de détruire l’intégralité de notre habitat. Ça a mené à des enquêtes d’un peu tout le monde, à des discussions politiques durant des heures, l’implication de nombreuses guildes (merci les alchimistes pour le remède), et à des combats dantesques. On ne va pas se mentir, j’attendais ça avec impatience… En connaissant le nombre de joueurs je ne pouvais qu’espérer des batailles d’ampleur, et j’ai été amplement servi ! Avant même de devoir défendre mon monde, j’ai dû défendre ma ville ! Attaqués par des romains et des guerriers asiatiques, Vendavel a dû rassembler ses guerriers. Les différents clans et groupes se rassemblent en lignes, des ordres sont criés un peu partout : « Boucliers et armes d’hast à l’avant ! », « Attention aux flèches ! », « Pour Vendavel ! », tout le monde donnait de sa voix pour impressionner nos adversaires comme pour donner du courage à nos troupes.

Vendavel

Un peu présomptueux de mes capacités et sans aucune expérience du combat de masse, je me suis retrouvé rapidement blessé… De base, vous disposez de deux points de vie, et si vous avez plus de cinq éléments d’armure, vous gagnez aussi des points de protection. Après ça, les armes à une main font de base 1 dégât et celle à deux mains 2 dégâts. Pour un homme comme moi, simplement habillé de tissu et sans réelle armure, le compte est vite fait… Un coup de marteau et je suis au sol. C’est exactement ce qui s’est passé : récupéré « à l’agonie » et emmené à l’hôpital de la ville avant d’être soigné, après seulement quelques heures de jeu j’ai appris la prudence face à un orc armé d’un immense marteau, et à faire plus confiance aux hommes d’armes qui m’entouraient. Le reste des batailles furent tout aussi passionnantes ! Si il n’y a plus eu d’escarmouches entre joueurs, les infectés et mutants nous ont attaqués à plusieurs reprises, à tout moment de la journée. Quand la cloche de la ville sonnait, tout s’arrêtait, les hommes et femmes se levaient, s’armaient et partaient au devant du danger.

Pour moi, deux points d’orgues sont à noter :

– Le premier fut l’arrivée d’un immense monstre, une créature de plus de deux mètres de haut, des bras tout aussi longs et une tête de cerf déformée. Entourée de son contingent de gardes et mutants, rien n’était faisable face à lui et nos défenses n’ont pas tenu plus de quelques minutes. Visant les piliers protégeant l’île, et malgré le nombre important de guerriers et soldats présents nous ne pûmes que constater notre échec. Le combat fut épique, les défenseurs acharnés et les duels terribles. En chassant les infectés, je fus blessé par une lâche mutante à la hache qui m’attaqua par derrière, me mettant hors d’état de nuire… avant d’être soigné, bien entendu.
monstre GN nuit 2

– Le second ne fut pas un vrai combat, pas pour nous en tout cas. À la nuit tombée du deuxième jour, des bruits de bataille se sont fait entendre à l’autre bout de la plaine : le pilier de la ville d’Edenorya était attaqué. Sonnant la cloche pour appeler les guerriers et guerrières à défendre notre obélisque (remis debout entre temps), nous nous sommes dirigés à cinq seulement en direction du lieu à défendre, craignant l’assaut et voyant les hommes et femmes arriver au compte goutte, cherchant la bonne stratégie. Finalement… après près d’une heure d’attente, de maraude pour moi près de la bataille d’Edenorya, nous avons fini par rentrer en ville… Mais la tension engendrée et les liens crées avec les autres combattants de l’avant-garde furent solides.

Mélée GN cri

La bataille finale fut particulière, alternant entre phases de mêlées et de duels, pour reposer les PNJ en sous-nombre incontestable.

Cette confiance et ces liens m’ont suivit pendant tout le reste de ce Kandorya. J’ai découvert des hommes et femmes géniaux, des personnes intéressées, intéressantes, impliquées dans le jeu et dans la construction de la ville.

Si jamais le combat n’est pas votre truc, vous avez de nombreuses options ! Les guildes vous offrent travail et activités, comme mon ami herboriste et alchimiste qui partait tous les matins cueillir les ingrédients nécessaires aux potions de sa guilde. Pamiel, elle, a préféré les académies. Des cours dans de nombreuses disciplines comme la juridiction, l’archerie, la nécromancie ou la sorcellerie. Deux fois par jour, le maître de profession réunit ses élèves et leur donne cours pendant une heure !

Au final nous avons défait les Mulkesh, enrayé leur menace, et pour mieux nous protéger, les quatre dragons, presque des dieux, ont fini par choisir une méthode… radicale. Transporter l’île, la changer de lieu en utilisant leur magie et la mettre hors de portée des menaces actuelles. Un voyage qui durera… Un an. Étonnant non ?!

Le reste de la vie, en dehors du jeu est assez rustique. Les toilettes sèches étaient propres et bien entretenues, le couchage se faisait en tentes sur des lieux en dehors des zones de jeu, seules les douches étaient un peu compliquées ; celles solaires ont vite manquées d’eau et celles en dur étaient rapidement bouchées… Mais c’était la seule touche détonante dans l’organisation ! Les bénévoles étaient sympathiques, et motivés ! Pour avoir mangé avec quatre d’entre eux, au hasard, j’ai pu discuter et eux aussi sont là par passion, parfois sans même savoir exactement ce qu’est le GN ou simplement en le découvrant depuis quelques temps ! En revanche, quand vous vous baladez sur Kandorya, chose importante : toujours avoir une gourde sur soi. C’est idiot, mais avec un peu plus d’1 km de plaine entre les deux villes, les aller-retours incessants et les combats en terrain dégagé, il faut bien s’hydrater, et penser à la crème solaire, sérieusement…

orgas sympas.jpg

En tant qu’habitant de Vendavel, il est vrai que pour l’instant beaucoup de choses sont encore manquantes dans la nouvelle ville. Devoir aller et revenir sans arrêt jusqu’à Edenorya est assez lassant, surtout avec le terrain cahoteux où les chutes sont vites arrivées… Mais avec de bons compagnons de route, ça passe tout de même assez vite.

Rajoutez à tout ça une bonne dose de potes, de bonne humeur et de gens cherchant principalement à s’amuser et vous obtenez un super GN. Je suis désolé si cette présentation de Kandorya 2016 vous explique plus le fonctionnement du jeu et ses options que son histoire. En tant que premier GN de masse, il a fallu un bon temps d’adaptation et l’histoire d’Orya ne m’est pas encore familière. Mais c’est avec joie que j’entrerai plus en détail dans l’histoire de Kandorya à l’automne prochain ! Car en plus du grand Kandorya chaque été, les organisateurs font aussi deux « mini kando » à l’automne et au printemps. Je ne sais pas encore si j’y participerai, mais ce n’est pas l’envie qui manque !

Car Kandorya c’est ça ! De l’envie, de la joie et un esprit d’enfant sans cesse renouvelé. Alors que vous soyez de la garnison, de Vendavel, nain ou orc, j’aurai plaisir à vous retrouver sur l’île de Kandorya le plus vite possible.

Cordialement, Gryfen Greg, ou pour l’occasion William Cortala.

Je tiens particulièrement à remercier les guetteurs qui m’ont accueillit avec sympathie malgré mon insertion au groupe un peu particulière ! Particulièrement Maël, qui m’as fait découvrir le Guet, Maïlys, avec qui j’officie sur Entrezmag, et notre Capitaine, Aristide.

Les photos nous été sympathiquement prêtées par Bastien Santucci. Vous retrouvez sa page en cliquant ici !

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2 réflexions sur “Combattre des dragons ET se protéger des coups de soleil.

    • Gryfen Greg dit :

      My bad… J’avoue que je m’y perdais un peu dans les différentes guildes de « magie » et autres ! Je poserai un petit ajout à la fin de l’article ! 😀

      Aimé par 1 personne

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